Dans les Vosges, le Forum Bio déploie le dispositif des « ordonnances vertes » pour lutter contre l’exposition des femmes enceintes et de leur bébé aux perturbateurs endocriniens. Le programme associe distribution de légumes bio et ateliers de prévention destinés aux futurs parents.

Pourquoi les ordonnances vertes
Le dispositif répond au constat que les perturbateurs endocriniens sont nocifs pour la santé humaine et la grossesse est l’une des périodes les plus à risques.
Dès le premier jour de vie du fœtus, chaque exposition, même à une dose infime, peut être dangereuse. Pendant les 8 premières semaines de vie de l’embryon, les cellules de la plupart de ses organes commencent à s’organiser. La rencontre avec certains perturbateurs endocriniens au moment où un organe se forme, peut en altérer le développement.

De récentes études ont soulevé les corrélations entre exposition du fœtus au perturbateurs endocriniens et modifications du développement, modifications du fonctionnement et augmentation des risques de cancers infantiles et adultes.
Sources :
- https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-effets-sur-sante/
- https://www.cnrs.fr/sites/default/files/press_info/2022-02/Communiqu%C3%A9%20de%20presse%20-%20L%25u2019exposition%20%C3%A0%20un%20m%C3%A9lange%20de%20perturbateurs%20endocriniens%20pendant%20la%20grossesse%20a%20des%20effets%20sur%20le%20bon%20fonctionnement%20du%20cerveau%20des%20enfants%20-%20Copie.pdf
Les objectifs du projet
Sachant tout cela, les objectifs du projet sont de :
- Prévenir et limiter au maximum les risques d’exposition des femmes enceintes et donc de leur bébé aux perturbateurs endocriniens,
- Sensibiliser et informer les futurs parents des dangers liés aux perturbateurs endocriniens (en leur expliquant par exemple, où ils se trouvent (dans la maison, dans la cuisine, dans les cosmétiques et comment s’en protéger, etc),
- Permettre l’accès à une alimentation saine et biologique.

Pourquoi biologique ?
L’alimentation biologique est la seule pouvant garantir une exposition réduite aux perturbateurs endocriniens que sont les pesticides.
Le ministère indique que, pour la population générale, l’une des principales sources d’exposition aux perturbateurs endocriniens est l’ingestion via l’alimentation, notamment par les résidus de pesticides et les substances migrant depuis les emballages alimentaires.
L’Assurance Maladie rappelle que l’exposition aux perturbateurs endocriniens provient notamment de la consommation de denrées alimentaires contaminées par des produits phytosanitaires ou des substances présentes dans les emballages alimentaires.


Sources :
- https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/substances-chimiques/article/perturbateurs-endocriniens
- https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/perturbateurs-endocriniens-sante/qu-appelle-t-perturbateurs-endocriniens-et-ou-les-trouve-t
- https://www.quechoisir.org/conseils-fruits-et-legumes-quels-sont-les-aliments-les-plus-contamines-aux-pesticides-et-ceux-qui-en-contiennent-le-moins-n171748/
- https://www.generations-futures.fr/publications/residus-de-pesticides-2025/
Fonctionnement du dispositif ordonnances vertes
Dans la pratique, les ordonnances vertes sont une prescription faite par un médecin, une sage-femme ou un gynécologue, dès que le diagnostic de grossesse est posé (au plus tôt donc), donnant accès à un panier de légumes bio hebdomadaire, gratuit et idéalement, pendant les 1000 premiers jours de l’enfant.

Mais surtout, le dispositif inclus la participation obligatoire à deux ateliers d’informations de la femme enceinte (et parfois, du co-parent). Ces ateliers, délivrés par des professionnels de santé spécifiquement formés, sont au cœur du dispositif car ce sont eux qui permettront aux futurs parents de se protéger eux et leurs enfants, même au-delà de l’alimentation et à long terme.

Mise en œuvre
Les objectifs que s’est fixé le Forum bio sont de réussir à obtenir le financement du dispositif pour au moins 5% des femmes enceintes du département (proportionnel à l’expérimentation de Strasbourg), ce qui représente 150 femmes par an sur l’ensemble des Vosges. Bien sûr, si c’est plus, c’est bien !
Idéalement, nous aimerions que le dispositif couvre les 1000 premiers jours de vie de l’enfant. Dans la pratique, les financements sont généralement possibles pour la durée de la grossesse, voire parfois une partie de la grossesse.

Qui finance ?
Les modèles qui existent actuellement sont financés par les collectivités locales (pour la partie administrative et alimentation en général) et par les organismes de santé tels que l’ARS, les mutuelles, les CPAM… Eux financent habituellement le volet ateliers.
Combien ça coûte ?
Plusieurs scénarios sont possibles :
- Exemple de Strasbourg : Le coût moyen du dispositif est de 430 euros par bénéficiaire environ, pour une durée du dispositif allant de 2 à 7 mois, selon le quotient familial.
- Couverture de la grossesse (9 mois) pour l’ensemble des bénéficiaires : environ 700 euros par bénéficiaire, tout inclus (ateliers, paniers, gestion administrative et logistique, outils)
- Couverture des 1000 premiers jours : environ 2000 euros par bénéficiaire, tout inclus (ateliers, paniers, gestion administrative et logistique, outils)
Chaque porteur de projet est libre de choisir le scénario qui lui convient et d’adapter le dispositif aux spécificités de son territoire, dans le respect des principes de base indiqués dans la charte nationale des ordonnances vertes.
La charte ordonnances vertes (nationale)

Avancement du projet
La mise en œuvre de ce projet a démarré il y a tout juste un an. En un an, nous avons tissé un réseau solide constitué de professionnels de santé du territoire : (CLS, CPTS, médecins, maternités, sage-femmes…), de chargés de missions territoriaux (PAT, Communautés de communes), de producteurs locaux et de plusieurs élus qui nous apportent leur soutien.
Le COPIL du projet ordonnances vertes 88 réunit actuellement une trentaine d’acteurs qui couvrent géographiquement l’ensemble du département.

Pour travailler au plus proches des besoins propres à chaque territoire au sein du département, nous avons constitué 4 groupes de travail de secteur, constitués de l’ensemble de ces acteurs essentiels.
Pour informer à la fois les partenaires potentiels du projet mais aussi le grand public, nous avons organisé une première campagne de conférence à l’automne dernier, nous avons réalisé et diffusé des flyers, nous organisons au moins 1 à 2 réunions mensuelles, et dans le cadre d’une pétition rédigée par nos professionnels de santé (qui a recueilli presque 11000 signatures), Marc Dufumier, agronome, est devenu parrain du projet ordonnances vertes.

Suite des opérations
Le groupe de travail départemental travaille à plusieurs projets :
- La réalisation de films pour informer le grand public sur les risques liés aux perturbateurs endocriniens et des solutions pour s’en protéger,
- Une nouvelle campagne de conférences prévue à l’automne 2026,
- Une application Ordonnances vertes pour faciliter et réduire le coût de la charge administrative et logistique.
Chaque groupe de travail territorial construit la procédure pour la mise en place du dispositif, selon les caractéristiques propres à chaque secteur.
Nous espérons voir naître une expérimentation du dispositif dans les prochains mois.
Votre place dans le projet
Chaque acteur peut agir en faveur des ordonnances vertes. Que vous soyez citoyen, professionnel de santé ou élus, vous avez un rôle à jouer.
Si vous souhaitez participer à la mise en place des ordonnances vertes à votre échelle, contactez-nous ici.
Vous pouvez également soutenir le projet en signant notre pétition pour la mise en place des ordonnances vertes.
Ensemble, protégeons les générations futures.
